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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 19:01

2014 - 04 - 11 / Catane

C'est donc le dernier jour. Retour tranquille vers le Dôme où de téméraires Témoins de Jéhovah entreprennent une débat houleux avec des retraités qui ne demandaient rien. Le verbe est fort. Les gestes amples. A 9 jours de Pâques, il faut oser ! Retour vers le marché aux poissons, les glaciers, puis dernière visite à la place Bellini.

Le hasard des rues va me conduire vers le Palais Bascari. Un p'tit coup de téléphone et le propriétaire m'annonce qu'exceptionnellement, il ouvre les portes de son domaine à 11 heures. Trois visiteurs - deux allemandes, un étudiant espagnol et moi-même - se pressent à l'entrée. La cour est quelconque, mais à l'intérieur, c'est tout autre. Longues tables dressées en vue d'un repas à venir - le lieu est loué à la demande, chambres, alcôves, escaliers en marbre et... la salle de bal. Des peintures du sol à la voûte incurvée racontent des mythes grecs, des batailles contre les Sarrasins, la venue de princes florentins, des noces, des célébrations avec çà et là quelques allusions coquines que nous décrit le comte. Nous comprenons qu'une de ses aïeules ne se contentait pas de recevoir pour la forme. Toute peine mérite salaire... Le lieu est tellement stupéfiant que personne n'ose demander la permission de photographier. La pudeur d'une telle incongruité et le plaisir fugace de cet instant nous l'interdisent. On verra quelques vues depuis la terrasse.

En toute fin d'après-midi, je découvre une voie piétonne qui mène au Théâtre Bellini. Calme et propreté. Vers sept heures, la fraîcheur s'installant, je retrouve " mon " quartier. Dans une impasse, une dizaine de familles érythréennes installent couvertures à même le sol, sacs à dos, poches de supermarché sur le trottoir. Dans les angles, des adultes, bras croisés contrôlent les allées et venues des enfants. Il règne un grand silence. Leur survie dépend peut-être de cette organisation. A dix mètres de là, ça s'engueule et ça klaxonne sans retenue. Le monde est multiple.

Urgence : se coucher tôt, se reposer - difficile car il y a une fiesta non loin - pour se réveiller à cinq heures du matin. Le taxi arrive pile à l'heure. On cause peu le matin. Le chauffeur va juste reprendre mon déplorable usage de l'accent tonique. On ne dit pas sabàto, on dit sàbato !

Car nous sommes le samedi12. Ciel couvert. Je verrai peu de choses sinon le littoral vers Ostie et après Milan les Alpes enneigées. Brr, ça fait froid dans le dos.

J'aurai aimé cette malléabilité quotidienne, ces interpellations, cette poussière, ce dur soleil, ces contrastes indécents, cette blancheur, ce désordre permanent. Rien n'est jamais nickel et je pense que ce le sera encore longtemps, n'en déplaise au sémillant et très agité président du conseil venu de Florence et dont je vous ai parlé : Matteo Renzi. Tellement pressé que je l'ai vu donner des interviews de cinq à dix minutes dans la rue au grand désespoir de ses gardes du corps.

De tous les ouvrages qui parlent de la Sicile, de tous les films qui la décrivent, de toutes les pièces de théâtre qui l'auscultent, ressort une image : une place en fin d'après-midi où vont et viennent tous les âges à l'ombre d'un clocher; on se tait ou on s'esclaffe ; on mange une glace ou on regarde ceux qui en mangent ; sonne l'heure. Une journée est passée. La suivante ne sera pas différente.

Pour bien connaître ce pays, lisez Leonardo Sciascia, Luigi Pirandello, Tomaso di Lampedusa. Lisez le Guépard ou bien visionnez-le - réalisé par Visconti ! Vous entendrez cette phrase terrible du prince de Salina : « Il faut que tout change pour que rien ne change ». Concernant la Sicile, elle n'a pas pris une ride.

La terrasse du palais Bascari. AU XVIII ° siècle, il était au bord de la mer - repoussée depuis à quelques centaines de mètres

La terrasse du palais Bascari. AU XVIII ° siècle, il était au bord de la mer - repoussée depuis à quelques centaines de mètres

Gendarmes à cheval. Juste pour faire joli et attirer les photographes.

Gendarmes à cheval. Juste pour faire joli et attirer les photographes.

Bambini en sortie scolaire. " A la queue-leu-leu mon petit chat bleu. S'il est bleu tant mieux ! S'il est gris tant pis ! "

Bambini en sortie scolaire. " A la queue-leu-leu mon petit chat bleu. S'il est bleu tant mieux ! S'il est gris tant pis ! "

Le Théâtre de Catane : dédié à l'illustre Bellini. D'ailleurs, il se nomme Bellini !

Le Théâtre de Catane : dédié à l'illustre Bellini. D'ailleurs, il se nomme Bellini !

Passagiamento désert et déserté.... Problème ?

Passagiamento désert et déserté.... Problème ?

Une dernière pour la route ! Vue de Calascibetta à la tombée du jour. Endormie....

Une dernière pour la route ! Vue de Calascibetta à la tombée du jour. Endormie....

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Published by angelpouyllau
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