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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 16:32

 

 

 

Le caravanier

 

 

‘’ Je ne l’ai jamais vue. Jamais eue entre les mains. Une mascarade. Des rendez-vous. Des invitations : Tu viendras voir… On fera la fête…Tu verras… Plus vrai que nature tu vas être… Sûr

Et moi, j’attendais. Je me disais ça viendra bien un jour bon sang ! Faut dire que ça a duré des mois et des mois. L’équipe helvète, ils sont venus à quatre, un jour d’avril… Bonjour l’ami, Caroline nous a parlé de vous.Fantastique… Vraiment rare… Vivre en caravane en pleine capitale ! Vous accepteriez de passer dans notre émissionIci et Ailleurs ? Ils ont parlé monnaie… Moi, avec ma petite pension et vu mon état, j’ai pas dit non.

Alors, ça a été le grand déballage. Micros, projos, caméras. Faites ci, faites ça. Aller chercher l’eau trois fois en une demi-heure au bar Maltais ! Manger des pâtes à quatre heures de l’après-midi ! Faire semblant de petit-déjeuner à sept heures du soir. Pour faire nuit…Elle est bien bonne…

Deux jours, trois jours ça a duré.

On vous rappellera m’a dit le plus grand des quatre.

 

Puis, rien.

 

Un jour d’octobre, Octave du Maltais me crie : Fernando, ils vont revenirpour te filmer avant l’hiver !Parce que l’hiver, je me faisais déplacer la cahute près du bar. Ils voulaient faire d’autres prises. Alors là, tous les habitués, ils ont commencé à me charrier. Ils m’appelaient Redford, Bogart, Mastroianni… La caravane, on l’a déplacée…

Et ils sont pas venus !

L’été suivant, oublié tout ça, oublié…Et des blancs-becs sont arrivés au compte-gouttes. C’est vous le caravanier de la Piazza Maggiora ? Onvous a vu sur la 2… Oui, en seconde partie… À Genève, je vous dis. À Lausanne. ÀChambéry même… Sur tout le territoire !

Je comprenais rien. Rien. Absolument rien. Ils m’avaient montré ! J’en savais rien. Et, tous les jours, ça recommençait. Des nanas en shorts, des gus en sandales, et vas-y que je camescope et que je te prends en photo !

Octave, il était mal ! J’ai compris après. Il avait reçu un coup de bigo en avril ou mai de la TNH. Il m’a avoué qu’il avait la cassette sous le comptoir. Paraît que la serveuse l’avait visionnée. Puis remisée. Et tout le monde l’avait oubliée…

L’Octave, il m’a promis d’organiser une soirée Spécial-Fernando. Y aura tous les potes. Pizzas. Spaghettis. Rosetto.

Maintenant, c’est trop tard.

Je vous raconte comment ça s’est passé ; je l’ai jamais vue… Je me verrai jamais ! ‘’ me raconta Fernando Biazzani en caressant la tête du labrador que la Croix-Rouge lui avait confié à l’essai après sa sortie de l’hôpital, suite à son grave traumatisme oculaire.

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Published by angelpouyllau - dans Littérature
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