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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 12:26

 

 

 

Le couvreur

 

 

‘’ Moi, moi, j’ai dû faire ça. Moi, apprenti à l’âge de quatorze ans. Mon oncle René m’avait appris le métier. Grimper. Porter les échelles. Les lancer. Charrier les tuiles, les ardoises, les faîtières. Pointer. Dépointer. Faire attention au vent, au gel, à la mousse glissante. J’étais connu comme un loup blanc. Le p’tit savoyard qu’on m’appelait.

Et on m’a fait ça. Àmoi. On m’a collé une surtaxe à cause de ma toiture. Ardoises des Ardennes ! Signe extérieur de richesse, plus non-respect de la directive-machin ! Je suis allé les chercher moi-même du côté de Fumay. Deux transports dans la vieille commerciale. Je les ai placées moi-même. Et à l’époque, j’étais plus tout jeune. Pas loin de vingt jours, il m’a fallu.

Un matin de février, je reçois la visite du contrôleur cantonal des contributions : le CCC ! Il m’a tendu un formulaire, me l’a résumé et m’a annoncé le redressement plus la surtaxe à payer ! Pour la vie ! Ça m’a mis en colère, très en colère. Peut-être si Fernande n’était pas morte en mai, j’aurais réagi autrement. Peut-être…

Alors, quand j’ai reçu l’avis d’obligation de paiement sous huitaine en juillet, j’ai vu … rouge, gris, noir… Va savoir. Je me suis laissé emporter. Sans doute Fernande m’en aurait empêché… ‘’ me chuchota Jacques Naciet dans ce qui avait été sa salle à manger, tous deux assis dans des fauteuils humides et tachés alors que le ciel tout au-dessus de nous s’obscurcissait et laissait apparaître les premières étoiles d’une fraîche nuit de septembre.

 

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Published by angelpouyllau - dans Littérature
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